Dalloul Art Foundation

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Sébastien Delot (commissaire) au sujet d'"Etel Adnan et les modernes" au Mudam

Author Mudam Luxembourg Museum
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Etel Adnan et les modernes

06.06 – 08.09.2019

@ Mudam Luxembourg – Musée d'Art Moderne Grand-Duc Jean

À la fois poète, écrivaine et peintre, l’artiste Etel Adnan (1925, Beyrouth) crée depuis les années 1960 une œuvre qui marque plusieurs traits d’union : entre le visuel et l’écrit, entre les cultures orientale et occidentale, entre l’art moderne et l’art contemporain. Reflets d’une relation sensible et vibrante au monde, ses œuvres explorent les questions du paysage, de l’abstraction, de la couleur, de l’écriture, de la mémoire, de l’histoire. Son exposition au Mudam, qui investit les deux galeries de l’étage supérieur du musée, rassemble un large ensemble de ses peintures, tapisseries et œuvres sur papier. Elles sont mis en dialogue avec les œuvres d’artistes modernes et contemporains, qui éclairent de manière nouvelle son œuvre plurielle.

Développée en collaboration avec le Zentrum Paul Klee de Berne suite à un premier volet qui y a été présenté à l’été 2018, l’exposition offre un large panorama de l’oeuvre visuelle d’Etel Adnan du début des années 1960 à aujourd’hui. Au cœur de l’exposition se niche la relation que l’artiste entretient avec l’œuvre et la pensée de plusieurs artistes modernes, à commencer par Paul Klee (1879, Münchenbuchsee – 1940, Locarno). Dans un texte écrit en 2012, Etel Adnan décrit sa fascination pour le travail de l’artiste : « Je crois que Klee est le premier peintre duquel je suis tombée amoureuse. Il m’obsédait. Par obsédée, j’entends que ses toiles me mettaient dans un état extatique. Elles m’habitaient. À Kairouan [en Tunisie], il a écrit ‘les couleurs et moi ne faisons qu’un’. Et j’ai compris qu’il parlait de révélation », écrit-elle.

C’est ce dialogue avec les modernes que la première galerie déploie, à travers un ensemble de pièces majeures de Paul Klee et d’un choix précis d’œuvres d’autres artistes qui ont marqué sa trajectoire : Vassily Kandinsky (1866, Moscou – 1944, Neuilly-sur-Seine), Nicolas de Staël (1913, Saint-Pétersbourg – 1955, Antibes), et Georges Mathieu (1921, Boulognesur-Mer – 2012, Boulogne-Billancourt). Deux tapisseries réalisées dans un centre destiné à la tapisserie d’art créé par l’architecte Ramses Wissa Wassef (1911, Le Caire – 1974, Égypte) dans les années 1950 à Harrania, en Égypte, sont également présentées dans l’exposition. Ces conversations mettent en avant des notions centrales à l’œuvre d’Etel Adnan, comme l’écriture, le geste, ou le « tissage » – véritable métaphore de la vie elle-même. En introduction, le film Ismyrne (2016), du duo libanais Joana Hadjithomas (1969, Beyrouth) & Khalil Joreige (1969, Beyrouth), offre un portrait intime de l’artiste.

La seconde galerie de l’exposition met en avant plusieurs ensembles d’œuvres récentes d’Etel Adnan, qui tendent vers l’abstraction. L’artiste décrit ces peintures comme des « paysages intérieurs » puisant dans les réminiscences de paysages réels. La sensibilité d’Etel Adnan au paysage s’exprime également à travers ses œuvres dépeignant le Mont Tamalpaïs, situé en Californie, et les vues de New York que rassemble son film Motion (2012). Ces ensembles dialoguent avec les œuvres de deux artistes contemporaines avec lesquelles Etel Adnan entretient des liens étroits : la peintre et poète Eugénie Paultre (1979, Paris) et la sculptrice libanaise Simone Fattal (1942, Damas).

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